Caravane du Maroc, du 10 au 12 octobre 2008

Commémoration des événements de Sebta et Melilla
dimanche 12 octobre 2008
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3ème anniversaire des morts de Ceuta et Melilla Caravane des ponts, pas des murs

Voilà maintenant trois ans que 11 personnes au moins trouvaient la mort aux grillages de Ceuta et Melilla, victimes de cette guerre aux migrants que l’Union européenne a déclarée unilatéralement à des citoyens sans défense fuyant la précarité et l’insécurité et qui continue à faire, tant sur les routes du Sahara que dans les eaux de la Méditerranée et de l’Atlantique, des centaines de morts. Depuis cette date, des moyens démesurés ont été mis au service de cette guerre à un seul belligérant où les morts et les victimes ne tombent que d’un seul côté.

Voilà maintenant trois ans et nous continuons à dénoncer la collusion du Maroc et des autres Etats de l’Afrique du Nord avec une politique européenne qui va à l’encontre des intérêts mêmes de leurs propres ressortissants et des liens d’amitiés qui nous lient avec nos autres frères africains et nous réclamons inlassablement que soit connue l’identité des victimes et que soient jugés les responsables de ces crimes.

Trois ans après ces dramatiques évènements, l’Union européenne s’apprête à accueillir sur le sol français le 2ème sommet euro-africain « Migrations et développement ». Or depuis le 1er sommet tenu à Rabat en juillet 2006, la coopération euro-africaine en matière de migration s’est jusqu’à présent soldée par plus de fermetures, plus de murs, plus d’expulsions, plus d’exploitation, plus de racisme, plus de souffrances pour les migrants dans quelque pays qu’ils se trouvent, tandis que le continent africain subit aujourd’hui de plein fouet la crise des prix alimentaires et continue à enrichir les multinationales, sans voir le début d’un développement économique à même de satisfaire les besoins de base de ses populations.

Nous sommes inquiets car la Circulaire de la honte adoptée en mai dernier et bientôt Le pacte européen sur l’immigration et l’asile qui verra en principe le jour à la mi-octobre, ne constituent que des armes supplémentaires de l’arsenal de guerre contre les migrants, tout en se cachant derrière un discours qui voudrait faire croire à une gestion concertée des flux migratoires et de l’asile, au co-développement et à une migration choisie. En réalité il s’agit d’une gestion imposée qui bafoue le droit à la liberté de circulation et le droit d’asile, d’un modèle de développement qui a fait la preuve de son inadaptation, au service non pas des personnes mais des multinationales et des grands producteurs et d’une immigration kleenex, favorisant la venue de migrants temporaires, qui seront rejetés après usage.

C’est pourquoi nous sommes, nous migrants, réfugiés et militants solidaires au Maroc, partie prenante du Sommet citoyen qui aura lieu à Paris les 17 et 18 octobre prochains pour rappeler que ce qu’il faut construire entre les peuples et entre les continents ce sont « DES PONTS, PAS DES MURS ».

Nous ferons cette année de cet anniversaire du 7 octobre l’une des étapes de la caravane qui, partie de la République Démocratique du Congo au mois de septembre, est passée par la Mauritanie, le Mali, le Cameroun, le Bénin, puis maintenant le Maroc avant d’arriver à Paris le 17 octobre pour exiger l’arrêt de toute pression de type économique ou politique de la part de l’Union européenne ou de ses Etats-membres sur les Etats africains, leur imposant la sous-traitance de la gestion du contrôle des frontières de l’Europe et de transférer aux pays du Sud la charge de la sélection des réfugiés et de l’expulsion des migrants.

Nous appelons toutes les personnes, tous les citoyens qui refusent toute discrimination à l’encontre des migrants présents sur notre territoire à se mobiliser du 8 au 12 octobre prochains pour que l’ensemble des droits des migrants, tels qu’ils sont déclinés dans les textes internationaux soient appliqués sur le sol marocain.

Nous appelons le gouvernement marocain et l’ensemble des autres gouvernements africains à refuser toute collusion dans l’application des politiques et des directives européennes en matière de migration. En rendant hommage, aux grillages de Ceuta, aux victimes de l’automne 2005, nous réaffirmerons notre exigence que justice soit faite et notre condamnation de la situation indigne faite aux migrants dans notre pays, des rafles répétées et des expulsions, de la non délivrance de titres de séjour leur permettant de mener une vie digne.

Et nous rappellerons l’ensemble de nos exigences qui, deux ans après la tenue de la 1ère conférence non gouvernementale euro-africaine « migration, liberté de circulation et droits fondamentaux », tenue à El Harhoura en juin 2006, restent plus que jamais à l’ordre du jour.

 

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